Réponse 2 à l'article du Monde du Ier mars 2010 : A la mémoire d'Emile Fradin  

Madeleine Sabète                                             
                             
Dans son ouvrage "Glozel : Bones of Contention ", Alice Gerard fait la synthèse des travaux qu'elle a menés sur le mobilier de Glozel, conjointement avec de nombreux autres chercheurs de diverses prestigieuses universités. Si l'on résume son ouvrage et l'ensemble des analyses scientifiques qui ont été menées depuis qu'Emile Fradin découvrit le site en 1924, il apparaît que la grande majorité des objets de Glozel parmi les plus significatifs (plus de trois mille), sont vieux de plusieurs siècles, voire de deux millénaires. Ceci suffit à écarter toute suspicion de manipulation frauduleuse de la part d'Emile Fradin. 

                                Objets en argile du site de Glozel :
Analyses chimique
1.  Les travaux que Bruet effectua en 1928 sur les objets en argile de Glozel, ont montré qu'ils avaient été façonnés dans une argile tout à fait identique à celle de Glozel. Une récente analyse d'activation de particules à Toronto, effectuée sur une idole phallique et cinq tablettes inscrites, a confirmé que ces objets avaient bien été faits à partir de l'argile de Glozel. 
2.  En 1976, Zimmerman a appliqué la technique de datation au zircon sur deux objets et a conclu qu'ils n'avaient pas pu être vieillis par une irradiation artificielle et que, de toute façon, cela n'aurait pas été possible en 1924. 
3.  Les études archéomagnétiques faites par Barbetti en 1976 montrent que les objets en argile n'ont pas pu être exécutés à partir d'une argile ancienne ou antique retravaillée car les particules d'une argile qui a déjà été cuite, même réduites en poudre, manquent de porosité, restent granuleuses, rendant tout nouveau modelage impossible. De plus, toute nouvelle chauffe aurait remis à zéro l'horloge TL de l'argile de ces objets ainsi confectionnés.

Datation par thermoluminescence.
1.  En 1974, l'équipe de Van Mejdahl, Hugh McKerrel, Henri François et Guy Portal authentifie 19 objets en céramique par TL.
En 1979, la même équipe authentifie 27 artéfacts qui se départagent en trois groupes de datation :
  •   15 sont datés de 300 B.C à 300 A.D. Ce sont des tablettes inscrites, des lampes, des urnes à masque, des vases et une bobine.
  •   8 objets sont datés de la période médiévale (XIIIème siècle), objets dont leur TL a pu être réduite par la proximité d'une fosse ovalaire où des verriers du Moyen Age ont utilisé des températures élevées pour leurs activités.
  •   3 éléments sont datés de périodes récentes, un débris de poterie et une tablette à cupules du XVIIIème siècle, une tablette vitrifiée datée du XXème siècle.
2.  En 1983, les fouilles initiées à la demande du Ministère de la Culture ont
permis de procéder à des tests sur quelques échantillons de céramique
prélevés près de la fosse ovalaire. Ces analyses furent effectuées par le laboratoire TL de l'Université d'Oxford, et donnèrent, pour le même genre d'artéfact, une fourchette entre le Vème et XIVème siècle. 

Analyses magnétiques sur les céramiques de Glozel. 
  Plusieurs échantillons de tablettes inscrites vitrifiées, ainsi qu'une idole phallique soudée à une tablette, ont été envoyés à John Shaw de l'Université de Liverpool afin de reconstituer l'historique des données magnétiques de ces objets. Il a été possible de démontrer que ces objets, avaient subi plusieurs chauffes : la première, à la période celtique. La seconde, datée de la période médiévale, au-dessus de 700° C, est responsable de la vitrification, ces objets se trouvant, à cette période, dans un four de verrier. La dernière, au début du XXème siècle, aux alentours de 400°, afin de séparer les objets.
  Les résultats de toutes ces analyses confirment que la plupart du mobilier en argile de Glozel est ancien.                 
                                        Matériel en os de Glozel.
Analyse chimique des os :
1.  Dès 1928, 9 objets en os sont analysés par Maheu et Randoin au laboratoire de la police de Paris. Leurs résultats, établissaient leur teneur en nitrogène entre 0,3% et 2,5%.
  Sachant que les taux, pour l'os moderne, se situent aux alentours 4% N, entre 2,9% N et 0,1% N pour l'os néolithique, l'échantillonnage analysé ne contenait donc pas d'os moderne.
2.  A la même époque, le Dr. Morlet fit analyser 11 éléments en os par plusieurs laboratoires européens (Université de Porto, Oslo, Lyon), dont les résultats s'établissaient entre 0,1% et 2,2% N.
3.  En 1976, Hugh McKerrel a analysé 14 éléments osseux, dont 10 d'entre eux n'étaient ni décorés ni humains. Les niveaux de nitrogène s'établissaient entre 0,2% et 0,7% N.
4.  En 1997, Hugh McKerrel et Alice Gerard travaillent sur un échantillon de 62 os provenant du musée de Glozel, 12 d'origine humaine et le reste, ouvragé et décoré, d'origine animale. Les taux de nitrogène s'établirent entre 0,5% N et 4,2% N. Parmi ces artéfacts, un hameçon, analysé en 1928 avec un taux de 2% N, fut confirmé en 1997 avec un taux de 2,1% N.
  Ces nombreuses analyses chimiques effectuées tout le long du XXème siècle par les laboratoires de grandes universités occidentales confirment que le matériel osseux de Glozel, d'origine animale, décoré et ouvragé, est ancien.
Datations au C-14.                                                                                                  1.  En 1954, le Dr.Morlet envoya 2 os humains au laboratoire de Saclay pour une datation au C-14. Les résultats indiquaient que ces os étaient d'époque moderne (XVIIIème siècle).