Emile part, Glozel reste

 

 

 

 

                Emile Fradin est mort, Glozel est et restera vivant non  point comme un mythe mais incontestablement comme la grande épopée archéologique internationale du vingtième siècle. On ne pourra, une nouvelle fois, regretter que les autorités de l’archéologie officielle française n’aient jamais cru devoir publier le rapport des dernières fouilles officiellement autorisées et les résultats des analyses des artefacts prélevés, parait-il détruits lors des travaux, dans un laboratoire lyonnais...

Emile Fradin souvent présenté de manière volontairement réductrice comme « un petit paysan de la Montagne bourbonnaise » avait certes hérité des qualités de ses ancêtres habitués au dur labeur des petites exploitations agricoles d’une contrée qui ne procurait pas des revenus élevés aux cultivateurs fussent-ils propriétaires de leurs terres. « L’affaire de Glozel » va révéler et magnifier d’autres traits du caractère d’Emile Fradin : l’ouverture aux autres, les nombreux visiteurs, qu’ils soient archéologues de renom, amateurs plus ou moins éclairés ont toujours trouvé grâce à ses yeux à condition qu’ils fassent preuve d’une l’honnêteté intellectuelle élémentaire consistant à ne pas nier la véracité de la découverte et l’authenticité des objets, l’opiniâtreté, Emile Fradin n’a jamais fait preuve de découragement pensant que la vérité et le Droit finissent par triompher, le désintéressement  enfin, combien de fois eût-il pu vendre les objets qu’il avait découverts, en retirer une importante somme d’argent, liquider pour de bon tout ce qui lui avait, dans un certain sens, empoisonner la vie et celle de sa sa famille, Emile Fradin n’a jamais cédé à cette facilité là. Homme honnête, de conviction, au bon sens fondamentalement ouvert et progressiste Emile Fradin n’aura, hélas,  pas eu la joie de voir enfin reconnue l’authenticité officielle de la découverte qui avait donné tout son sens à sa vie.

 

Jacques THIERRY,

Docteur de l’université,

Président du CIER.