Pour que triomphe la Vérité

 

R. Germain

 

        En juillet 1973, Emile Fradin reçoit une lettre de Greta Kingström, journaliste suédoise : « J’ai le plaisir de vous faire savoir que votre musée est authentique… »

Je n’en croyais pas mes yeux, mon cœur battait si fort que je crus qu’il allait s’arrêter. Ainsi, c’était arrivé ! Il avait fallu cinquante ans, mais à présent on savait, le monde allait savoir que je n’étais pas le faussaire… C’était presque, c’était peut-être le plus beau jour de ma vie.

Pour moi, il y a cinquante ans que cela dure, jour après jour ! Et maintenant je voudrais, oui je voudrais que les fouilles reprennent. N’est-il pas grand temps ?

Pourquoi faut-il attendre encore ?...tous ces moyens nouveaux dont on dispose aujourd’hui et qui sont autant  d’appareils à détecter le mensonge. Le mensonge des mandarins, bien entendu. Ce qui est peut-être la réponse à la question que je pose.

Et moi, j’attends qu’on dise à la face du monde que je ne suis pas un faussaire, que l’on classe le gisement et que l’on reprenne les fouilles. Ce n’est pas Glozel qui est faux, ce sont les dictionnaires.

Le plus long, le plus dur est fait. Je l’ai derrière moi, le bon comme le mauvais. On m’a traité de tout, de génie et de faussaire, alors que je n’étais ni l’un ni l’autre. On m’a giflé, injurié et célébré. On m’a traîné devant les tribunaux et devant les caméras

Glozel est vrai et je veux qu’on le dise. Cela viendra, parce que cela ne peut pas ne pas venir.

 

        Emile Fradin aura dansé le dernier, fort de l’authenticité de sa découverte

 

Extraits de « Glozel et ma vie » : La Vérité (chap. 12) ; Danser le dernier (chap. 13)

d’Emile Fradin, Archéologia, 1990.